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Immobilier

Dispositif Jeanbrun : ce que la loi prévoit pour l'investissement locatif neuf

Dulce• 21/10/2026 08:02• 11 min de lecture
Dispositif Jeanbrun : ce que la loi prévoit pour l'investissement locatif neuf

Et si l’investissement locatif ne se jouait plus seulement sur le prix du mètre carré, mais sur la finesse de la simulation fiscale ? Avec la fin du Pinel, un nouveau cadre s’impose, plus technique, plus ciblé. Celui qui veut tirer parti du marché locatif doit aujourd’hui comprendre une nouvelle logique : celle de l’amortissement fiscal. Et ce n’est pas qu’une question de loi, c’est une stratégie patrimoniale à repenser.

Comprendre le dispositif Jeanbrun : le nouveau levier fiscal

Le dispositif Jeanbrun, parfois évoqué sous le nom de "Relance logement", marque un tournant dans l’investissement immobilier. Exit la réduction d’impôt classique du Pinel. Place à un mécanisme plus fin : l’amortissement fiscal. Concrètement, chaque année, une fraction de la valeur du bâti (hors terrain) est déductible de vos revenus fonciers. Cela permet de réduire votre assiette imposable, et donc votre impôt sur le revenu, de manière progressive et durable.

Ce système repose sur des taux variables, allant de 3,5 % à 5,5 % par an selon le niveau de loyer pratiqué. Plus vous proposez un loyer modéré - intermédiaire, social ou très social - plus le taux d’amortissement est élevé. C’est un choix stratégique : opter pour un loyer plus bas, c’est maximiser la déduction fiscale, mais potentiellement réduire la rentabilité immédiate. Pour bien préparer votre projet, il est essentiel de comprendre comment fonctionne le dispositif Jeanbrun via https://www.greencityimmobilier.fr/investir/dispositif-jeanbrun.html et son impact sur la base imposable.

Un mécanisme basé sur l'amortissement

L’amortissement fiscal ne concerne que la partie construction du bien, pas le terrain. Sur un T2 neuf à 200 000 €, si le bâti représente 140 000 €, c’est sur ce montant que s’applique le taux d’amortissement. Cela change la donne : l’investisseur n’attend plus une réduction d’impôt en bloc, mais une optimisation annuelle, intégrée au calcul des revenus fonciers. C’est une approche plus réaliste, alignée sur la durée de vie du bien.

Les taux de déduction selon le loyer

Le taux retenu dépend directement du niveau de loyer fixé. Par exemple, un loyer intermédiaire pourrait donner droit à 3,5 % d’amortissement, tandis qu’un loyer très social ouvrirait un taux de 5,5 %. Cette gradation incite à proposer des logements abordables, en phase avec les besoins du marché. Le choix du loyer devient donc un levier fiscal autant qu’un calcul de rentabilité.

Les conditions d'éligibilité pour les bailleurs privés

Dispositif Jeanbrun : ce que la loi prévoit pour l'investissement locatif neuf

Pour bénéficier du dispositif, plusieurs conditions doivent être remplies. D’abord, l’acquisition doit porter sur un logement neuf ou rénové lourdement, intégré dans un programme collectif respectant la norme RE2020. Cette exigence environnementale vise à garantir la performance énergétique des biens, un critère de plus en plus déterminant pour la valeur à long terme.

Les typologies éligibles vont du studio au T3, voire T4 dans certains cas, avec des prix d’entrée variant selon les zones. En Île-de-France ou à Toulouse, on observe des prix au m² plus élevés, mais aussi une demande locative plus soutenue. La localisation joue donc un rôle clé dans l’équilibre du projet.

Des logements neufs aux normes RE2020

La conformité RE2020 n’est pas une option : elle est obligatoire. Elle impose des bâtiments basse consommation, intégrant des matériaux durables et une conception éco-responsable. Cela impacte le prix d’achat, mais aussi la valeur future du bien. Un logement performant attire plus facilement des locataires stables et limite les risques de dépréciation.

L'engagement de location longue durée

L’investisseur s’engage à louer le bien nu comme résidence principale pendant au moins 9 ans. Cette durée est un gage de stabilité pour le locataire comme pour le bailleur. En contrepartie, l’avantage fiscal est sécurisé sur la longue durée. Une règle essentielle : la location est interdite aux membres du foyer fiscal - parents, enfants ou conjoint - sous peine de perdre tous les bénéfices fiscaux.

Optimisation fiscale et cumul avec le déficit foncier

L’un des atouts majeurs du dispositif Jeanbrun réside dans son cumul avec le déficit foncier. Outre l’amortissement, vous pouvez déduire les charges de copropriété, la taxe foncière, les frais de gestion ou encore les intérêts d’emprunt. L’ensemble de ces charges, combiné à l’amortissement, peut générer un déficit foncier imputable sur d’autres revenus.

Le plafond d'amortissement annuel

L’amortissement est plafonné à environ 8 000 € par an. Ce montant, ajouté aux autres charges déductibles, peut permettre une économie d’impôt significative, notamment pour les contribuables en tranche marginale d’imposition élevée. En pratique, un déficit foncier total pouvant atteindre 10 700 € peut être imputé sur le revenu global, ce qui en fait un levier puissant pour les hauts revenus.

Les plafonds de loyers et de ressources à respecter

Le dispositif impose un encadrement strict des loyers, selon la zone géographique (A, Abis, B1). L’objectif ? Proposer des logements accessibles sans sacrifier la rentabilité du bailleur. Les plafonds sont révisés annuellement et s’appliquent au m², avec une modulation selon la taille du logement.

De même, les ressources du locataire doivent être vérifiées à la signature du bail. Les grilles de ressources utilisées s’appuient sur les mêmes référentiels que le Pinel ou le LLI. Cela garantit que les bénéfices fiscaux profitent réellement à des ménages aux revenus modestes ou intermédiaires.

Le barème des loyers plafonnés

Par exemple, en zone B1, un T2 de 45 m² ne pourra pas dépasser un certain montant au m², disons environ 12,50 €/m². Ce cadre évite les dérives locatives tout en maintenant un niveau de rentabilité acceptable, souvent autour de 3 % brut avant optimisation fiscale.

Les conditions de ressources des locataires

Le bailleur doit s’assurer que le futur locataire respecte les plafonds de ressources. Pour un célibataire en zone B1, cela peut tourner autour de 38 000 € annuels. Une fois le bail signé, un éventuel dépassement de revenus n’entraîne pas la perte des avantages fiscaux - seule la situation au moment de l’entrée est prise en compte.

Le cas particulier du Jeanbrun+

Dans certaines zones tendues, un dispositif complémentaire, appelé Jeanbrun+, permet de cumuler les avantages. Via un montage en SCI soumise à l’impôt sur le revenu, l’investisseur peut bénéficier d’une TVA réduite à 10 % et d’une exonération de taxe foncière pouvant aller jusqu’à 20 ans. Cela renforce encore la rentabilité, mais impose une structure juridique plus complexe.

Comparaison des avantages selon la tranche d'imposition

Le dispositif Jeanbrun n’a pas le même impact selon votre situation fiscale. Voici les principaux bénéfices selon la tranche marginale d’imposition :

  • 📉 Impact sur une TMI à 30 % : L’amortissement annuel permet une réduction directe de l’impôt. Pour un déficit foncier de 8 000 €, l’économie atteint environ 2 400 €/an. Cela couvre une bonne partie des charges et renforce le cash-flow.
  • 📈 Stratégie pour les hauts revenus : En tranche à 41 % ou 45 %, chaque euro déduit vaut entre 0,41 € et 0,45 € d’économie. Le cumul amortissement + déficit foncier devient un levier majeur d’optimisation, permettant de réduire significativement l’assiette imposable globale.

Simulation financière : investissement type en zone tendue

Pour illustrer l’impact réel du dispositif, voici une simulation sur 9 ans pour un T2 neuf acquis à 210 000 € en zone B1, avec un loyer fixé à 560 €/mois (plafonné), et un taux d’amortissement de 4,5 %.

Évolution du rendement sur les premières années

Le tableau ci-dessous montre l’évolution des principaux postes financiers :

📅 Année 🏢 Amortissement annuel (€) 💶 Loyer perçu (€/an) 📉 Réduction d'impôt estimée (€)
1 6 750 6 720 2 700
2 6 750 6 720 2 700
3 6 750 6 720 2 700
4-9 6 750 6 720 (révisé) 2 700 (ajusté)

Cette simulation montre un loyer légèrement inférieur à l’amortissement annuel, ce qui génère un déficit foncier utilisable pour réduire l’impôt. À partir de la 4ᵉ année, une révision modérée du loyer permet de tendre vers l’équilibre, voire un léger surplus.

Les questions récurrentes des utilisateurs

Puis-je louer mon bien à mes enfants avec ce dispositif ?

Non, la location à un membre du foyer fiscal, y compris les enfants ou les parents, est interdite. Ce cadre vise à favoriser l’accès au logement pour des tiers, pas pour la famille. Enfreindre cette règle entraîne la perte de tous les avantages fiscaux.

Comment se calcule précisément la quote-part d'amortissement déductible ?

L’amortissement s’applique uniquement à la valeur du bâti, excluant celle du terrain. Il est calculé en appliquant le taux retenu (3,5 % à 5,5 %) au prix de revient de la construction, souvent estimé à 70 % du coût total d’acquisition pour un neuf.

Que se passe-t-il si mon locataire dépasse les plafonds de ressources en cours de bail ?

Rien. L’éligibilité se vérifie uniquement au moment de la signature du bail. Un dépassement ultérieur des revenus du locataire ne remet pas en cause vos avantages fiscaux, tant que les conditions initiales étaient respectées.

Existe-t-il une alternative si je ne souhaite pas investir dans le neuf ?

Oui, le dispositif prévoit un volet pour la rénovation lourde de logements anciens. Sous réserve de respecter des critères stricts de performance énergétique, notamment la conformité à la RE2020, ces projets peuvent être éligibles au même mécanisme d’amortissement.

L'encadrement des loyers va-t-il se durcir en 2027 ?

Les collectivités locales ont de plus en plus de marge de manœuvre pour adapter les plafonds de loyer à l’évolution du marché local. Une tendance au renforcement de l’encadrement est observée dans les villes à forte pression immobilière, mais sans changement national majeur prévu.

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